Sarah Singla membre de l’Académie d’Agriculture
En 1980, en Aveyron, à 850 mètres d’altitude, un agriculteur décide de ranger définitivement sa charrue.
Pas parce qu’il abandonne. Parce qu’il a compris quelque chose que certains mettront quarante ans à admettre.
« Tombée dans la marmite » de l’agriculture de conservation des sols depuis son plus jeune âge, Sarah Singla a toujours su que le sol n’était pas uniquement un support de production mais bien un capital dont il fallait prendre soin.
À 23 ans, diplôme d’ingénieure agronome en poche, elle aurait pu choisir un bureau. Elle a choisi la ferme familiale. Et un pari : prouver qu’on peut produire sans labourer, sur des terres que tout le monde jugeait trop pauvres.
En 2011, elle est devenue boursière Nuffield.
Une année à travers le monde. Des grandes plaines américaines aux exploitations d Amérique du Sud , pour apprendre et confronter son intuition à des dizaines de systèmes agricoles. Son sujet d’étude portait sur l’optimisation des intrants en système céréalier pour une agriculture inspirée de la nature.
Autrement dit : nourrir le sol pour qu’il nous nourrisse.
Ce qu’elle a ramené de ce voyage, ce n’est pas une méthode. C’est une certitude.
Depuis, elle n’a jamais cessé de faire le pont entre sa ferme de Canet-de-Salars et les tribunes où se dessine l’avenir agricole.
Présidente de Nuffield France.
Formatrice de Montpellier à Paris. Co-productrice du documentaire « Bienvenue les vers de terre ». Intervenante à l’ONU. Distinguée « International No-Till Legend » en 2024.
Mais ce qui s’est passé le 7 janvier 2026 est différent.
L’Académie d’agriculture de France l’a accueillie comme membre correspondant.
Pas au titre d’ingénieure agronome, elle l’est pourtant. Pas au titre de conférencière internationale.
Au titre d’agricultrice, experte dans l’agriculture de conservation des sols.
Agricultrice. C’est le plus beau mot de cette nomination.
Pour nous, réseau Nuffield, Sarah incarne exactement ce que nous croyons : un agriculteur, une agricultrice qui part explorer le monde revient transformer le sien.
Quinze ans après sa bourse, la preuve est faite.